11.03.2007

AIRBUS et EADS : Un défi pour la politique européenne

Déclaration commune de Marie George Buffet – Lothar Bisky – Gregor Gysi Oskar Lafontaine – Francis Wurtz

1. Power 8 est inacceptable. Nous demandons le retrait.

Il est inacceptable de remettre en cause des emplois, des sites, des compétences avec en ‘plan de sauvetage’ d’Airbus qui n’apportera aucune solution aux problèmes posés. Il n’est pas acceptable que les actionnaires privés se dérobent de leur responsabilité au moment où il faut engager des moyens pour les investissements d’avenir après avoir tiré d’énormes dividendes de l’immense succès de l’A320. Il n’est pas acceptable que les Etats actionnaires de désaisissent depuis 2000 de leur responsabilité de gestionnaires au profit de ces mêmes actionnaires privés. La Constitution allemande est à prendre au sérieux : « Propriété oblige. Son usage doit contribuer en même temps au bien de la collectivité ».

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Il doit être retiré parce qu’il n’apporte aucune solution aux problèmes posés qu’ils soient d’ordre financier ou d’ordre industriel. Si actionnaires et directions ont laissé se créer ces problèmes à travers une gestion privilégiant la rentabilité financière, les solutions ne peuvent venir aujourd’hui d’une pression accrue sur les salariés et d’une restructuration fragilisant l’entreprise, les sous-traitants et l’ensemble des salariés. Le plan Power 8, en cherchant par-dessus tout à satisfaire aux exigences de rentabilité des actionnaires, est une menace pour Airbus, pour l’aéronautique européenne.

Il doit être rejeté d’autant que les carnets de commandes du groupe assurent aujourd’hui 7 années de travail pour tous, le recours aux heures supplémentaires est courant, les besoins mondiaux en avions croissent de façon significative, les défis technologiques et écologiques à relever sont majeurs et demandent des investissements en faveur d’un nouveau type de développement.

2. Nous nous prononçons pour la démocratie économique, pour une responsabilité publique, pour une solution européenne

Il faudra réorganiser, à partir d’un projet industriel et non financier, d’une logique d’efficacité sociale et d’intérêt général la gestion d’Airbus et d’EADS selon les critères : maîtrise publique, démocratie économique, engagement des instances européennes Les Etats doivent prendre leur responsabilité. Les actionnaires ayant bénéficié des excellents résultats de ces dernières années sont à mettre à contribution. De nouveaux droits et pouvoirs d’interventions conséquents sont à accorder aux salariés de toute la chaîne

Nous demandons aux Etats concernés de cesser de plaider l’impuissance. Il faut mettre au cœur des solutions, avec le financement, la question d’une maîtrise publique dans un domaine aussi important que l’aéronautique. Une remontée en charge importante du poids du public doit être opérée, sous des formes diversifiées (Etats, organismes financiers publics…) pour aller vers une entité publique européenne dont le but est le développement de l’emploi, la pérennité des différents sites, le développement de l’outil industriel, la recherche de solutions nouvelles en matière de développement.

L’Europe doit s’engager vigoureusement en faveur d’Airbus. Ce projet européen de l’aéronautique connaissant un grand succès doit pouvoir être financé par des prêts à très faibles taux de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour favoriser l’emploi, la formation, la recherche-développement. Pour cela la BEI doit pouvoir compter sur l’appui de la Banque centrale européenne, qui doit servir à cela au lieu de favoriser la finance et la spéculation.

Dans l’immédiat, la BCE doit s’impliquer en faveur de cette entreprise symbole pour une Europe de coopération, elle peut créer de la monnaie pour financer, sans dépendance des marchés financiers, ce type de grandes réalisations européennes. Une partie des intérêts des crédits nécessaires peuvent être prises en charge par des acteurs publics, en contrepartie d’engagements chiffrés d’emplois et de formations et de pouvoirs de contrôle par les salariés et les élus.

Cette option ne correspond pas, en effet, aux règles actuelles ni du marché européen, ni de l’OMC : c’est la preuve que les deux doivent être transformés.

3. Notre soutien à la lutte, notre contribution au débat sur les solutions

Nous soutenons dans nos pays, localement, à l’échelle européenne les luttes des salariés, de leurs syndicats. Nous soutenons la journée d’action européenne du 16 mars. Nous mettons nos propositions en débat, dans les institutions, dans la cité, parmi les salariés pour contribuer à la nécessaire discussion publique sur les enjeux et les alternatives.

Nous sommes convaincus qu’une nouvelle fois, un projet européen néolibéral, POWER 8, peut être mis en échec.

Bureau de presse de Marie-George Buffet,
Candidate à l’élection présidentielle

Berlin, Bundestag, le 9 mars 2007

10.03.2007

Bayrou chouchou du système

Le candidat de l’UDF talonnerait Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy selon plusieurs instituts. Sur quoi surfe-t-il, et qui sert-il ?

Dans son discours de clôture de l’université d’été de l’UDF, en septembre dernier, François Bayrou n’avait pas de mots assez durs pour « l’enchaînement subtil en quatre temps, télévision - sondages - médias - retélévision », cette « mécanique » qui « apparaît impossible à contredire ». C’était avant que l’ex-ministre de l’Éducation nationale d’Edouard Balladur ne devienne le chouchou des mêmes sondages et des mêmes médias dominants.

un fort niveau d’indécision

Alors que ses rivaux semblent s’effriter, le candidat de centre droit poursuit son ascension dans les études d’opinions. D’après le sondage CSA rendu public hier par le Parisien et I-Télévision, François Bayrou serait crédité de 24 % des intentions de vote (+ 7 points en une semaine), talonnant ainsi Ségolène Royal (25 %, - 4) et même, fait nouveau, Nicolas Sarkozy (26 %, - 3). Même tendance selon le baromètre BVA-Orange pour la presse régionale, qui donne le candidat de l’UDF à 21 % des intentions de vote (+ 4) contre 24 % à Ségolène Royal (- 1) et 29 % à Nicolas Sarkozy (- 2). Cette dernière enquête donne même le président de l’UDF largement gagnant (55 %) s’il devait être opposé, au deuxième tour, à Nicolas Sarkozy. Après l’exaspérante mise en scène d’un second tour joué d’avance entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, voici donc celle d’un tiercé serré, histoire de donner aux électeurs-spectateurs l’illusion d’un choix véritable.

Question : cette montée en flèche de François Bayrou dans les sondages est-elle solide ? Premier bémol : le niveau d’indécision des électeurs, plus fort qu’en 1995 et qu’en 2002. À quelques semaines de l’élection, près d’un électeur sur deux ne sait toujours pas sur quel candidat se portera son suffrage. Difficile, dès lors, de parler d’une véritable « cristallisation » sur tel ou tel candidat. « Comme pour tout électorat en expansion, les nouvelles catégories atteintes restent prudentes », souligne Jérôme Sainte-Marie. Le directeur de BVA-Opinion décrit, à propos de l’ascension du candidat UDF, une « valse à trois temps ». D’abord, la mobilisation de son électorat traditionnel. Puis celle d’électeurs de centre gauche s’étant porté sur le oui en 2005 et perplexes sur la candidature de Ségolène Royal. Et enfin le mouvement d’une partie de l’électorat de droite pour lequel le candidat de l’UDF apparaît plus « rassurant » que Nicolas Sarkozy aux yeux duquel il représente « une forme d’aventure ».

Le pari de François Bayrou : ouvrir une dernière phase de la campagne donnant corps à sa volonté d’incarner un vote « antisystème » qui, contrairement aux suffrages portés sur l’extrême droite et l’extrême gauche en 2002, trouverait ses prolongements dans l’exercice du pouvoir. Attrape-tout, le candidat de l’UDF promet, s’il était élu, de former un gouvernement « d’union nationale » rassemblant des personnalités de tous bords politiques. En quelque sorte, une version « light » et « constructive » du discours « ni droite, ni gauche », qui semble rencontrer un écho chez une partie des citoyens désespérés par les successions d’alternance sans changement. Mais dont la portée finale demeure incertaine dans un pays qui reste malgré tout attaché au clivage et au débat gauche-droite.

François Bayrou espère, en même temps, incarner une forme de rébellion face à un système politique, économique et social à bout de souffle. Un comble s’agissant de l’ancienne plume de Jean Lecanuet, qui défend un programme politique fondé sur un libéralisme économique assumé et fut l’un des plus zélés défenseurs du projet de constitution européenne que les électeurs français rejetèrent massivement le 29 mai 2005.

Le scénario n’est pas le film, les sondages ne sont pas l’élection. Reste que l’allure prise par cette campagne présidentielle soulève de sévères interrogations sur une gauche qui, toutes composantes confondues, peine à offrir aux électeurs un projet mobilisateur, à incarner la rupture avec cinq ans de pouvoir d’une droite qui a broyé des droits sociaux et démocratiques fondamentaux. De ce point de vue, la responsabilité de la candidate socialiste npas mince. Ses réticences à assumer de franches réponses de gauche, loin de lui attirer l’électorat centriste, ont ouvert un espace à la candidature Bayrou. Plus généralement, la gauche, dans son ensemble, a échoué à s’accorder sur une politique crédible, répondant aux attentes des électeurs. Comme si les questions posées par le séisme électoral de 2002 demeuraient entières.

Pour toute réponse, les ténors du Parti socialiste et de l’UMP multiplient les appels à resserrer les rangs autour de leurs candidats, des appels restés jusqu’ici lettre morte. Le parti de droite met en avant le soutien de Simone Veil, figure du centre droit, à Nicolas Sarkozy. Jack Lang a appelé hier « ceux qui souhaitent le changement » à ne pas « se tromper ou égarer leur suffrage et se disperser » et à « faire bloc derrière la seule candidate du changement : Ségolène Royal ». Un appel au vote utile qui pourrait avoir pour effet de plomber davantage les autres candidats de gauche. Et de se retourner contre la candidate socialiste si François Bayrou devait apparaître comme le barrage le plus crédible à Nicolas Sarkozy.

Mais les sondages ne sont pas l’élection. On sait ce qu’il advint, en 2002, de l’artefact préélectoral du « troisième homme ». À l’époque, Le Pen s’était nourri, sans rien dire, de la surenchère des uns et des autres sur l’insécurité. Il pourrait, demain, damer le pion aux champions de la « rupture » et du « vote antisystème ». Les deux candidats de droite, François Bayrou comme Nicolas Sarkozy, font, de ce point de vue, un pari inquiétant et risqué.

Rosa Moussaoui

http://ulrichsavary.gauchepopulaire.fr/

 

07.03.2007

Manifestation de milliers de salariés d’Airbus contre le plan Power 8

A Toulouse, 15.000 manifestants ont protesté contre le plan de restructuration de l’avionneur. On comptait 90% de grévistes à Saint-Nazaire et à Nantes. Les quatre sites français étaient mobilisés.

Quelque 15 000 salariés d’Airbus et sous-traitants, selon les syndicats, ont manifesté, mardi 6 mars, à Toulouse, pour protester contre l’application du plan de restructuration de l’avionneur européen, annoncé mercredi dernier, qui prévoit notamment la suppression de 4.300 emplois en France sur quatre ans et la réorganisation de six sites industriels européens. "Cette manifestation de grande ampleur", a précisé Jean-François Knepper, délégué FO du Comité européen d’Airbus, "est organisée pour dire ’non’ au plan Power8, ’non’ aux suppressions d’emplois, ’non’ au départ de l’A320 pour l’Allemagne, ’non’ à la fermeture de Méaulte" (Somme). "Nous ne voulons pas devenir les petites mains d’Airbus mais acquérir de nouvelles compétences", a-t-il expliqué.

6000 salariés

Tandis que 6.000 salariés protestaient aux abords des usines de l’agglomération toulousaine, le cortège des manifestants a défilé dans les rues de la Ville rose depuis la place Arnaud Bernard pour rejoindre celle du Capitole à la mi-journée. Derrière une banderole commune de l’intersyndicale "FO, CGT, CGC, CFDT, CFTC : Airbus France Toulouse", manifestaient côte à côté les secrétaires généraux des grandes organisations syndicales : Jean-Claude Mailly (FO), Bernard Thibault (CGT), Jacques Voisin (CFTC), François Chérèque (CFDT) et Bernard Van Craeynest (CFE-CGC). "Il faut un nouvel apport au capital", a estimé Jean-Claude Mailly. "J’ai d’ailleurs senti une évolution des pouvoirs publics". Le secrétaire général FO juge que L’Etat, "avec 15% du capital, doit prendre une responsabilité particulière".

A Nantes et Saint-Nazaire

500 personnes ont défilé dans la matinée à Nantes et 3.000 à Saint-Nazaire en Loire-Atlantique, des villes où se trouvent les plus importants sites d’Airbus en France après Toulouse (Haute-Garonne). Sur les sites Airbus de Saint-Nazaire comme de Nantes, 90% des salariés étaient en grève selon les syndicats. A Nantes, les salariés d’Airbus ont été rejoints dans la rue, par solidarité, par des agents de la Fonction publique. Des salariés d’Alcatel et de Walor, un sous-traitant pour l’automobile de Léger (Loire Atlantique), également menacés par des plans sociaux s’étaient joints au cortège. "Arrêter le plan Power 8, c’est ce qu’on entend au fond de toutes les gorges", a résumé Joseph Fleury, délégué FO à Airbus Nantes, plutôt satisfait de la mobilisation, malgré la pluie battante. "C’est maintenant à la direction de prendre la température de ce qui s’est passé ce matin. elle doit la prendre vite", a-t-il prévenu. "Sinon ce sera l’épreuve de force, la grève totale".

Grève européenne le 16 mars

De source syndicale, on précise que des débrayages étaient également prévus mardi sur les sites d’Airbus en Allemagne, pays où sont également prévues 3.700 suppressions d’emplois. Le mot d’ordre de grève d’une demi-journée est aussi valable pour l’ensemble des sites français d’EADS et est d’ailleurs relayé par les fédérations syndicales de la métallurgie. Par ailleurs, une manifestation européenne des salariés d’Airbus et de l’aéronautique devrait avoir lieu à Bruxelles le 16 mars, a déclaré mardi sur Europe 1 le délégué syndical central FO Airbus, Jean-François Knepper, co-président du comité d’entreprise européen de l’avionneur. Selon Françoise Vallin (CFE-CGC) la date du 16 mars a été proposée par les syndicats européens à l’issue du Comité de groupe européen qui s’est tenu lundi à Toulouse. "Les syndicats français ont une dernière petite hésitation car un vendredi, ça n’est pas toujours un bon jour pour manifester, mais il y a de fortes chances que ce soit ce jour-là", a-t-elle dit.

Alors que les candidats à l’élection présidentielle se pressent à Toulouse auprès des salariés d’Airbus et de leur intersyndicale, cette dernière se montre méfiante vis-à-vis de cette sollicitude.

Pour sa part, Marie-George Buffet propose une solution : la création d’un groupe public européen

Le sort d’Airbus ne peut pas se jouer sur les marchés boursiers. Les actionnaires touchent chaque année près de deux milliards d’euros, ce sont eux qui doivent payer, non pas les salariés.

Les choix que pourra faire Airbus dans les jours qui viennent, ne doivent pas amputer l’avenir du groupe. Si le plan power 8 est appliqué, cela va considérablement affaiblir l’ensemble de la filière aéronautique et spatiale française et européenne, sans compter les retombées de telles décisions sur les économies locales.

Quant on sait qu’il faut dix ans pour construire des collectifs de travail performant, ce choix est l’exact contraire de l’efficacité. Il est donc urgent de préserver et de développer l’emploi et la recherche.

La France et l’Europe doivent avoir la maitrise totale de leur industrie aéronautique et spatiale. Elle propose de créer un groupe européen 100% public. Pour y parvenir, les Etats doivent racheter à Lagardère et Daimler-Chrysler les actions hors prix du marché. Les Etats, la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque centrale européenne (BCE) doivent permettre des financement à taux réduits pour le développement de programmes et d’investissement créateurs d’emplois.

Il s’agit d’une autre logique à mettre en oeuvre. Les Etats et l’Europe doivent montrer qu’il est possible de prendre des mesures durables. La situation actuelle d’Airbus n’appelle pas aux bricolages financiers, mais à mettre en oeuvre une véritable logique européenne qui place l’industrie, les emplois et la recherche au coeur d’une réponse publique ambitieuse.

C’est du concret qu’attendent les travailleurs et c’est pour répondre à cet objectif que Marie-George Buffet et le Parti Communiste se battront. Nous croyons à un avenir industriel pour notre pays.

Ulrich Savary.

pour retrouver les propositions du PCF sur ce sujet :

http://pcf.fr/

http://ulrichsavary.gauchepopulaire.fr/

28.02.2007

Des militant-es socialistes en campagne pour Marie-George Buffet.

Nous refusons le programme trop libéral proposé par Ségolène Royal. Nous avons toujours considéré que la Gauche devait se rassembler et s'unir au delà du PS, y compris avec des Partis tels que Les Verts, le Parti Communiste, Lutte Ouvrière, la Ligue Communiste Révolutionnaire, etc, et en acceptant nos différences, pour justement rassembler les idées, les exprimer plus haut, plus fort, plus justement avec cette même volonté de vraiment changer cette politique libérale qui dure depuis trop longtemps au détriment des moins favorisés d'entre nous, pour un ordre juste et une revalorisation équitable des richesses de notre pays, et une politique plus sociale, plus humaine aussi.

Nous oeuvrons donc dans la lignée du programme et de la candidature de Marie-George Buffet, ancienne ministre de Lionel Jospin, pour la victoire de la Gauche en 2007 et nous pronons également une participation active et/ou un retour de Lionel Jospin dans la campagne.

Ce site est ouvert à toutes et tous. Il contribue aux échanges et à notre rassemblement. Merci de vos contributions.

Fraternellement, L'équipe des Socialistes engagés.

 

http://socialistes.gauchepopulaire.fr/

Il faut saluer le courage de ces camarades du PS qui refusent de suivre une gauche du renoncement. Avec eux, et avec vous la gauche populaire peut renverser des montagnes.

Ulrich Savary .